🦷 Prévention dentaire en France : la face cachée de la politique publique qui pénalise des millions de Français
Par Gérald DEMEYER Président fondateur d'AssurMeyer
Modifié le : 28/04/26 à 16h50
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Depuis les années 80, la politique publique de prévention dentaire menée dans l'Hexagone repose sur une stratégie inventée par un concurrent. Au fil du temps, les solutions financées dans ce cadre se sont progressivement révélées obsolètes, comme en témoigne l'explosion de la vente de prothèses dentaires sur le territoire national au cours des 20 dernières années.
Pourtant, cette stratégie continue d'être privilégiée par l'Etat et l'Assurance Maladie, protégée par un système d’influence mis en place par ce même concurrent aux multiples casquettes, où s’entremêlent intérêts privés et missions publiques.
Il est donc temps de mettre l’État et l’Assurance Maladie face à leurs défaillances et à leurs responsabilités en matière de prévention dentaire.
Car le mécanisme d’influence dénoncé ici a déjà engendré 3 dérives majeures, aux conséquences sanitaires, économiques et démocratiques considérables pour la France :

1️⃣ Une exclusion sanitaire massive :
Près de 80 % de la population française, principalement les adultes, est exclue des dispositifs publics de prévention dentaire primaire.
Cette situation constitue une rupture manifeste d’égalité et entre en contradiction directe avec le principe constitutionnel garantissant à chacun le droit fondamental à la protection de la santé, sans distinction d’âge, d’état de santé, de niveau de revenus, d’éducation ou de résidence.
2️⃣ Un gaspillage financier structurel :
Chaque année, les Français consacrent plus de
15 milliards € à des soins dentaires curatifs, dont plus de
7 milliards € uniquement pour l'achat de prothèses dentaires, pourtant largement évitables par une prévention primaire efficace et moderne.
Dans le même temps, des millions € d’argent public continuent d’être injectés dans des solutions de prévention dépassés, reposant sur une stratégie quasiment inchangée depuis plus de 30 ans.
Ce gaspillage d'argent public n’est ni accidentel ni ponctuel : il est structurellement organisé.
En effet, des projets de prévention massivement subventionnés depuis les années 80, parfois à hauteur de plusieurs millions €, se soldent par des échecs pourtant largement prévisibles. Et cela se produit sans évaluation vraiment indépendante, sans véritable remise en question, ni réelle
reddition de comptes.
Autrement dit, chaque année en France depuis plus de 30 ans, des " fausses bonnes idées " de prévention dentaire coûtent des millions € aux contribuables … sans que cela n’émeuve personne ni au ministère de la Santé, ni à l’Assurance Maladie.
Le projet
EXPRESO en est une illustration récente particulièrement révélatrice. 1
3️⃣ Un capitalisme de connivence où la concurrence dicte ses propres plans d'actions et marchés publics :
Profitant du jeu de chaises musicales historique entre le ministère de la santé et l'Assurance Maladie, un concurrent est parvenu jusqu’ici à imposer dans les appels d’offres publics de prévention dentaire lancés chaque année en France
une définition des besoins taillée sur mesure pour les solutions du groupe privé qu’il a dirigé pendant plus de 30 ans, et dont il est aujourd’hui président d’honneur.
📰Résultat :
👉 Ces marchés publics sont verrouillés ;
👉 La concurrence est étouffée ;
👉 L'innovation en prévention dentaire primaire est ralentie en France.

UN COPINAGE QUI PORTE ATTEINTE
AU PILIER DE NOTRE SOLIDARITÉ NATIONALE
Autrement dit, on n’est jamais mieux servi que par soi-même lorsqu'on est à la fois juge ET partie dans la conception d'un plan de prévention dentaire, définissant très précisément les " besoins " et les " solutions " que la Caisse Nationale d'Assurance Maladie
(CNAM) impose ensuite aux
102 CPAM via un cahier des charges national.
En pratique, les CPAM se voient alors contraintes, par le biais de cahiers des charges locaux qu'elles élaborent, d'acheter chaque année " les solutions " ainsi prédéfinies, dans le cadre d'
appels d'offres faussés dès le départ.
En effet, " les besoins " présents dans le cahier des charges national, puis repris à l'identique dans les cahiers des charges locaux, ont été initialement définis par le principal candidat à ces marchés publics au niveau national.
Ce problème de
favoritisme est susceptible d’engager la responsabilité pénale de la CNAM, en tant que donneur d’ordres des CPAM, mais également celle du candidat indûment favorisé, et ce depuis la " Mise en oeuvre du programme national de prévention bucco-dentaire " en 2007 ... programme qui, faut-il le rappeler, a été conçu par les dirigeants mêmes de ce candidat (CQFD).

TOUT PROBLÈME À UNE SOLUTION OU ALORS VOUS FAITES PARTIE DU PROBLÈME
Si pour protéger l'Assurance Maladie en France
la prévention est la seule issue durable, comme l'affirme l'actuel directeur général de la CNAM, appelant à " une mobilisation COLLECTIVE pour sauvegarder le modèle français " de la Sécurité sociale, alors une question se pose :
Pourquoi les appels d'offres de l'Assurance Maladie en matière de prévention dentaire primaire s'effectuent exclusivement dans un cadre scolaire depuis
les années 80 ?
Pourquoi persévérer à acheter des solutions préventives dans ce cadre (sensibilisation collective et dépistage individuel) qui peuvent être fournies soit :
- gratuitement, depuis 2018, par les étudiants en santé dans le cadre du nouveau
service sanitaire des étudiants en santé (S.S.E.S) obligatoire
pour l'obtention de leur diplôme (voici des exemples d'
appels d'offres à destination de ces étudiants pour faire la promotion de la santé bucco-dentaire dans les écoles) ;
- gratuitement, depuis 2023, par les chirurgiens-dentistes dans le cadre du " Forfait d’aide à la modernisation et à l’informatisation du cabinet professionnel
(FAMI) ". Forfait d'un montant de 300 € par an qu'un dentiste peut percevoir s’il s’engage à effectuer des mesures " aller vers " qui correspondent à au moins 3 interventions en dehors de son cabinet à destination notamment
des publics fragiles en milieu scolaire (REP/REP+), EHPAD/ESMS, USPC et PSY, foyer-centre d’hébergement, établissement pénitencier) dans l’année.
Les dirigeants de l'Assurance Maladie ne sont-ils pas censés respecter (aussi) les principes fondamentaux
d'assurer l'efficacité de la commande publique et LA BONNE UTILISATION DES DENIERS PUBLICS ?
Autrement dit, pourquoi continuer à freiner des quatre fers l'émergence et le développement d'innovations dans ces commandes publiques ?
Ce choix, très bizarre, maintenu depuis plus de 35 ans par la CNAM favorise de fait les (vieilles) solutions du candidat historique, au détriment de nouvelles approches ou de candidats innovants.
Il limite l’ouverture à des cadres d’intervention complémentaires, voire alternatifs, pourtant pertinents : centres sociaux, entreprises, clubs sportifs etc … , tout en freinant le développement de stratégies d’ " aller-vers " mobiles et agiles, qui permettent de toucher directement les publics cibles, sans dépendre d’un cadre prédéfini.
Ouvrir ces marchés publics à de nouveaux acteurs permettrait pourtant de faire émerger des solutions innovantes, pleinement capables de répondre, voire de dépasser, les " objectifs assignés " à ces marchés. D’autant plus lorsque ces innovations intègrent, au cœur de leur conception, le principe d’
Universalisme proportionné.

UNE CONNIVENCE QUI PROTÈGE LE STATU QUO ET ÉTOUFFE L'INNOVATION
Lorsque vous êtes victime du
capitalisme de connivence, en tant qu'entrepreneur honnête ou simple citoyen, qui
abouti à des inégalités abyssales, à l’affaiblissement des filets de protection sociale et à la collusion des élites politiques et économiques, vous n'en êtes pas conscient sur le coup, mais seulement des années plus tard, et de façon fragmentée au départ quand vous commencez à chercher la vérité. (Voir à ce sujet le témoignage d'un autre dirigeant français :
Le capitalisme de connivence vu de l'intérieur)
Voilà pourquoi dès 2002, tout juste après avoir créé l'association
Point Dentaire, j'ai été rapidement victime, sans m'en rendre vraiment compte pendant des années, d'une stratégie d'
espionnage industriel et de connivence très sophistiquée.
Tellement sophistiquée que, pour comprendre cette stratégie dans les moindres détails une fois que j'avais compris m'être fait piéger par des (faux) partenaires associatifs qui se sont avérés être des (vrais) concurrents dans les marchés publics de l'Assurance Maladie, j'ai dû m'armer de patience et persévérer pendant plus de 20 ans afin de réunir des preuves incontestables sur cette stratégie.

Parmi ces preuves, la plus parlante au sens propre du terme est un podcast réalisé en 2021, que j'ai découvert tout à fait par hasard en 2023, dans lequel mon principal concurrent français explique tranquillement, avec force de détails pendant plus de 2 heures, l’étendue de son influence sur la politique de prévention dentaire menée jusqu'à présent en France.
Dans ce podcast, on peut notamment entendre ce concurrent aux multiples métiers et casquettes, très connu dans le secteur dentaire français, mais aussi à l'international, se définissant d'ailleurs lui-même comme étant à la fois " un mec santé publique et un mec business ", expliquait très clairement, avec un aplomb déconcertant et même méprisant vis-à-vis de certaines personnes, la mécanique d'influence qu'il a construit tranquillement sur le territoire national depuis les années 80 auprès des ministres de la santé successifs et de la direction générale de la santé
(DGS) 🎤 extrait podcast, des CPAM et de la CNAM 🎤 extrait podcast etc., au point d'être aujourd'hui très clairement le véritable architecte de la politique de prévention dentaire menée ces 4 dernières décennies en France par l'Etat et l'Assurance Maladie.
Une politique menée, non pas dans l'intérêt des Français, comme le (dé)montre l'explosion de la vente des prothèses dentaires sur le territoire national ces 20 dernières années, mais dans l’intérêt du groupe privé qu'il a dirigé plus de 30 ans, dont il est aujourd'hui président d'honneur, et de tout un tas d'entreprises de différents secteurs qui l'ont soutenu financièrement pour agir en toute discrétion et impunité jusqu'à maintenant.
Parmi ces entreprises, on trouve notamment une (grande) marque internationale de chewing-gum sans sucres, dont voici la stratégie qui a été utilisée en France pendant 2 ans " pour s'attaquer aux dentistes avant de s'attaquer au marché du grand public " 🎤
extrait podcast afin d'imposer les produits de cette marque sur le territoire national sous couvert de prévention dentaire.

Ce qui prouve bien que la recommandation faite aux Français,
depuis 2013, de se brosser les dents 2 fois par jour, au lieu des 3 brossages jusque-là préconisés, n'a vraiment rien à voir avec une quelconque " dentisterie fondée sur les preuves " (en anglais : evidence-based dentistry
(EBD)), mais plutôt a à voir avec " un pacte commercial " fait dans le dos des Français dans les années 80.
À ce sujet, il faut savoir que les industriels du sucre ont conçu et promu le
projet 269 durant les années 60 et 70, une stratégie du cheval de Troie politique boostée au
Ghostwriting afin d'entraver le programme de lutte contre les caries aux États-Unis, et très probablement dans d'autres pays, sachant que la France est le
premier producteur européen de sucre.
À qui appartiennent aujourd'hui les grandes marques mondiales de chewing-gum sans sucres ?

LA VRAIE QUESTION À SE POSER AUJOURD'HUI
La santé orale des Français, en particulier issus
des quartiers défavorisés, a-t-elle été sacrifiée jusqu'à présent afin de favoriser en France le développement du marché du chewing-gum sans sucres, et de préserver au passage les milliards € générés par les maladies bucco-dentaires ?
Autrement dit, la politique publique de prévention dentaire menée en France vise-t-elle réellement à protéger la santé des Français … ou à protéger discrètement les intérêts financiers de certains acteurs privés ?
LE CODE DE LA COMMANDE PUBLIQUE EST POURTANT TRÈS CLAIR ...
" La prise en compte de l’innovation dans la commande publique constitue un levier précieux d’amélioration continue des services publics et de performance des achats (...) En stimulant l’innovation, la commande publique contribue en effet à faire grandir la compétitivité des entreprises, notamment les TPE-PME, en représentant un tremplin en particulier pour des start-up. "
Cet extrait du guide pratique
L'achat public de solutions innovantes édité par Bercy en 2024 est donc assez clair sur le soutien que des acteurs comme l'Etat et l'Assurance Maladie doivent apporter aux start-ups françaises à travers la commande publique. Notamment en respectant les articles suivants :
➡️
Article L3 :
Les nouveaux entrants sur un marché (acteurs F5 et F6 ci-dessous), doivent pouvoir candidater loyalement à des marchés publics, sans discrimination ni favoritisme au bénéfice d'un candidat concurrent ;
➡️
Article L2122-1 :
Ces nouveaux entrants doivent pouvoir également vendre en
gré à gré à des acheteurs publics leurs innovations financées à 100 % par des fonds privés en dehors des procédures dites de
pre-commercial procurement - PCP ou d' " achats publics avant commercialisation "
(A.P.A.C).
Cette possibilité est expressément prévue par la législation en vigueur, notamment par l'
Article R2122-3 du code de la commande publique, en raison de droits d’exclusivité liés à la propriété intellectuelle (cf. Fiche Technique de Bercy
Les marchés sans publicité ni mise en concurrence préalable mise à jour en 2020).
Depuis 2018, il est même conseillé aux acheteurs des organismes de Sécurité sociale de réaliser un sourcing, conformément à l'
article R2111-1 du code de la commande publique (cf.
Guide du sourcing dans l'achat public édité par Bercy), en sollicitant " au moins deux, voire trois, opérateurs, afin d'éviter de se trouver influencés par les informations recueillies et de restreindre la concurrence du fait d'une rédaction " trop fermée " du cahier des charges " (...) et que " Afin de permettre aux opérateurs économiques de proposer des solutions innovantes, les organismes de Sécurité sociale ont tout intérêt à exprimer leurs besoins en termes de performances ou d'exigences fonctionnelles, ce qui permet de laisser l’initiative aux candidats sur les modalités techniques de la solution. " (cf. Guide pratique
Innovation et marchés publics édité en 2018 par la CCMOSS rattachée à l'
UCANSS).
Dit autrement, le sourçage permet à un acheteur, s'il ne l'a pas fait depuis sa dernière consultation, de se mettre à jour de l'état du marché et en conséquence d'adapter sa stratégie d'achat.
... MAIS PAS POUR TOUT LE MONDE APPAREMMENT AU MINISTÈRE DE LA SANTÉ ET À L'ASSURANCE MALADIE
Malgré la clarté de la législation en vigueur concernant la commande publique, et les guides pratiques édités par Bercy à l'attention des acheteurs et des candidats, en particulier
« Maîtriser le risque de corruption dans le cycle de l’achat public » : un guide pour accompagner tous les acteurs, comment un concurrent a-t-il pu créer aussi longtemps cette situation de conflit d'intérêts quasi permanente dans les principaux appels d'offres publics de prévention dentaire lancés chaque année en France, notamment par le biais de la technique du
cahier des charges sur mesure pour une entreprise déterminée, sans que personne ne trouve rien à redire jusqu'à présent au ministère de la santé et à la CNAM, alors même qu’il s’agit d’atteintes caractérisées aux principes de probité et d’égalité de la commande publique ?

CONCLUSION
En France, on pourrait :
👉 Réduire massivement les caries sur le territoire national ;
👉 Économiser des milliards € en soins curatifs ;
👉 Améliorer durablement la santé et le pouvoir d’achat des Français ;
👉 Et même aider d'autres pays à améliorer l'état de santé bucco-dentaire de leurs populations en exportant des innovations 100% françaises en prévention primaire dans le cadre du plan dentaire mondial de l'OMS.
Mais pour y parvenir, un dernier obstacle, et pas des moindres, reste à briser :
Celui d'un entre-soi solidement installé depuis les années 80 par un concurrent au sein de l'administration sanitaire, discrètement entretenu avec celles et ceux qui, au fil du temps, sont devenus, au ministère de la Santé et à l’Assurance Maladie, les responsables de la politique nationale de prévention dentaire.
Des responsables pour qui visiblement :
👉Lancer des appels d’offres avec un cahier des charges influencé, pour ne pas dire
faussé, par un candidat ne pose aucun problème ;
👉Pas plus le fait que des candidats potentiels à ces marchés publics aient pu être victimes jusqu'à présent d’espionnage industriel, au point pour certains que leur Conseil d’Administration soit piraté … à leur insu !

LA CONFIANCE DU PEUPLE FRANÇAIS SE RESPECTE ...
À ce jour, si cette page demeure accessible sur le site internet d’AssurMeyer, c’est que les faits dénoncés continuent de se produire dans la plus grande discrétion, au détriment des Français et du bon fonctionnement de notre
démocratie.
... MAIS ELLE SE MÉRITE AVANT TOUT
Les paroles et les engagements s'envolent, mais les écrits, les podcasts et les actions restent.
À bon entendeur, salut !
