Ce plan a été officiellement adopté le 25 mai 2023, lors de la 76ème Assemblée mondiale de la santé, à l'issue de plus de 15 ans de discussions et de négociations entre les 194 États Membres de l'OMS à son sujet.‍

Dans cette vidéo, le responsable technique du programme de santé bucco-dentaire au Département des maladies non transmissibles et de la santé mentale de l’OMS présente les objectifs de ce plan.

Selon lui, le constat actuel en matière de prévention dentaire, notamment primaire, est sans appel :

" On sait depuis 30 ans grosso modo qu'on a pas réussi à stopper cette forme un peu épidémique des maladies bucco-dentaires (...) ce qui montre, ça c'est un peu dur à entendre surtout quand on est professeur et quand on est enseignant etc., le modèle qui a été proposé jusqu'à présent ne fonctionne pas. Donc, il faut être prêt à se dire ok rebattons les cartes, qu'est ce qui marche, qu'est ce qui ne marche pas ? " (Extrait de la vidéo à partir de la 5ème minute).

Chaque État membre s'est engagé à mettre en œuvre ce plan sur son territoire en commençant par la mesure 1 :  

Les Etats membres se sont également engagés à créer une unité de santé bucco-dentaire avec un responsable à sa tête.

En France, la suite tient en un mot : rien !

En effet, à ce jour (octobre 2026), la version française n’a toujours pas été adoptée. Et le nom du responsable de l’unité de santé bucco-dentaire au sein du ministère de la Santé reste lui aussi inconnu.

On ignore également si la nomination d’un Délégué national interministériel à la santé orale est envisagée, conformément à la Recommandation 4 du rapport de la Conférence nationale de santé (CNS) publié en 2025. À l'image de la délégation interministérielle à la santé mentale et à la psychiatrie qui a été créée le 28 septembre 2026.

Du coup, ce double langage devient de plus en plus bizarre !

NI FILTRE, NI LANGUE DE BOIS‍

" Chaque seconde qui passe, la dette de la France augmente de 5000€ " déclarait François Bayrou le 15 juillet 2025 dans Le moment de vérité.

Dans un pays où l’on demande toujours aux mêmes de consentir de nouveaux efforts pour rembourser cette dette, pourquoi un entre-soi politico-administratif continue-t-il de reléguer la santé orale des Français aux calendes grecques ?

Pourquoi le ministère de la Santé n'a t-il toujours pas mis en oeuvre un plan de prévention dentaire conforme à l'engagement pris par la France auprès de l'OMS, alors même qu' un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) recommande depuis 2013 la mise en œuvre d’un tel plan, sous la conduite d’un " directeur de projet ", et que le plan lancé en 2007, toujours en vigueur à ce jour, discrimine " près de 80% de la population " selon la Cour des comptes ?

Certains concurrents continuent-ils d’exercer, en toute discrétion, une influence auprès du ministère de la Santé et de la CNAM afin d’empêcher l’arrivée de nouveaux entrants innovants sur le marché français de la prévention dentaire primaire ?

Une enquête menée pendant plusieurs années, étayée par une documentation particulièrement abondante, soulève en tout cas de sérieuses questions à ce sujet.

Il est donc temps de demander des réponses à l’Etat et à la CNAM sur cette influence, et ce de façon publique afin que l'opinion publique puisse (enfin) connaître les véritables raisons du retard français en matière de prévention dentaire, car cette situation a des conséquences sanitaires, économiques et démocratiques considérables en France.

RAPPEL DE LA SITUATION DENTAIRE EN FRANCE

" Toute idée d’action publique dont la mise en œuvre peut conduire à l’édiction d’une norme doit faire l’objet d’une analyse préalable, même sommaire, destinée à présenter le ou les problèmes à résoudre, la solution recherchée et les avantages et inconvénients respectifs des différentes options envisagées pour la mettre en œuvre. " Guide de Légistique - 4e édition (07/2026)

En matière de santé bucco-dentaire, le diagnostic est posé depuis plusieurs années en France.

Les rapports se succèdent. Les constats convergent. Les recommandations se répètent.

Pourtant, malgré cette accumulation d’analyses et d’alertes, la politique publique de prévention dentaire menée sur le territoire national demeure largement prisonnière d'une stratégie inventée par un concurrent dans les années 80, développée aujourd'hui sous la marque M'T Dents.

Or, les constats dressés par les principales institutions publiques françaises sont, depuis plus de 16 ans, constants :

▪️ En juillet 2010, l' IGAS souligne que " le retard français en matière de prévention et d’hygiène bucco-dentaire reste flagrant malgré les actions menées par l’assurance maladie et les chirurgiens-dentistes ", tout en recommandant en juin 2013 aux pouvoirs publics et à l'Assurance Maladie l’élaboration d’un plan de santé bucco-dentaire qui ne se limite pas à la prévention chez les enfants et adolescents ;

▪️ En septembre 2016, la Cour des comptes constate que le 1er plan national de prévention bucco-dentaire lancé en 2007 exclut " près de 80 % de la population ", tout en recommandant d' Adopter une stratégie de santé publique couvrant l'ensemble de la population, comme la Cour l'a déjà recommandé en septembre 2010 afin de respecter le texte constitutionnel du droit créance à la protection de la santé pour tous ;

▪️ En janvier 2025, la CNS réaffirme qu' " il est urgent de définir une stratégie nationale de santé orale " dans un rapport formulant 44 recommandations, en appelant " à favoriser le déploiement de programmes de prévention et/ou promotion de la santé orale au plus près des populations ", car " un bon état de santé orale profite à toutes et à tous. " (Recommandation 10) , et que " Sans investissements en prévention dentaire primaire, les dépenses en prévention secondaire et tertiaire sont assurées de se développer chaque année. " (Recommandation 11) ;

▪️ En mai 2026, la Cour des comptes constate à nouveau que Les affections bucco-dentaires représentent un enjeu de politique sanitaire mais aucune stratégie globale n’a été définie depuis quinze ans, malgré ses recommandations répétées.

▪️ En juin 2026, un rapport du Sénat explique que nombre de dispositifs à fort potentiel enregistrent des résultats médiocres. Après 20 ans d’existence, le programme de dépistage bucco-dentaire M’T Dents enregistre un taux de non-recours qui frôle les 50 %.

Un constat que la Cour des comptes fait depuis 2010 :

▪️ En xxx, un rapport de la HAS (en cours de finalisation)

Autrement dit, depuis plus de 16 ans en France, des institutions indépendantes identifient les mêmes insuffisances, formulent des recommandations largement convergentes et appellent à plusieurs reprises à la construction d’une stratégie nationale de prévention dentaire qui bénéficie à l’ensemble de la population, sans distinction d’âge, d’état de santé, de revenus, de niveau d’éducation ou de lieu de résidence. Une telle approche est le minimum pour répondre à l’exigence énoncée au onzième alinéa du Préambule de la Constitution de 1946, selon lequel la Nation " garantit à tous la protection de la santé ".

Pourtant, ces recommandations n’ont pas permis de faire émerger jusqu'à présent une politique publique de prévention dentaire digne de ce nom.

Pourquoi ? Alors que les dépenses dentaires des Français ont littéralement explosé en 25 ans :

👉 De 6,7 milliards € par an en 2000 à près de 16,4 milliards € aujourd'hui, dont quasiment 8 milliards € uniquement pour l'achat de prothèses dentaires.

LA VRAIE QUESTION À SE POSER AUJOURD'HUI

La santé orale des Français, en particulier celle des populations vulnérables, a-t-elle été sacrifiée jusqu'à présent afin de favoriser en France le développement du marché du chewing-gum sans sucres, et de préserver au passage les milliards € générés par les maladies bucco-dentaires ?

Autrement dit, la politique publique de prévention dentaire menée sur le territoire national vise-t-elle réellement à protéger la santé des Français … ou à protéger discrètement les intérêts financiers de certains acteurs privés  ?

En effet, est-il encore normal que la définition du besoin figurant dans les principales commandes publiques de prévention dentaire passées chaque année en France, pour plusieurs millions €, corresponde toujours à une offre très précise, inventée il y a plus de 40 ans par un concurrent, commercialisée depuis les années 80 par l'intermédiaire d'un groupe privé qu'il a dirigé pendant plus de 30 ans, et dont il est aujourd'hui président d'honneur ?

Que penser lorsque l'influence de ce concurrent auprès des services du ministère de la Santé (🎤 extrait podcast) et des dirigeants de la CNAM (🎤 extrait podcast) est documentée ?

Déjà que les fournisseurs potentiels de l'Etat et de l'Assurance en matière de prévention dentaire primaire sont victimes depuis des années d’espionnage industriel, au point pour certains que leur Conseil d’Administration soit piraté … à leur insu.‍

Alors, si en plus cet espionnage est orchestré avec l'aide de celles et ceux qui sont responsables de la mise en oeuvre chaque année sur le territoire national des marchés publics de prévention dentaire, qu'est ce qu'il faut faire ?

Car, quoi penser également du fait que des lobbyistes ont des pratiques très douteuses en France dans le secteur dentaire, ou que la recommandation faite aux Français, depuis 2013, de se brosser les dents 2 fois par jour, au lieu des 3 brossages jusque-là préconisés, n'a vraiment rien à voir avec une quelconque " dentisterie fondée sur les preuves " (en anglais : evidence-based dentistry (EBD)), mais plutôt a à voir avec " un pacte commercial " fait dans le dos des Français par ce même concurrent (🎤extrait podcast), à la stupéfaction des dentistes responsables qui se battent depuis des décennies pour un meilleur brossage ?

À ce sujet, il faut savoir que les industriels du sucre ont conçu et promu le projet 269 durant les années 60 et 70, une stratégie du cheval de Troie politique boostée au Ghostwriting afin d'entraver le programme de lutte contre les caries aux États-Unis, et très probablement dans d'autres pays, sachant que la France est le premier producteur européen de sucre.

À qui appartiennent aujourd'hui les grandes marques mondiales de chewing-gum sans sucres ?

En tout cas, on n’est jamais mieux servi que par soi-même lorsqu'on est à la fois juge ET partie dans la conception d'un plan de prévention dentaire, définissant très précisément les " besoins " et les " solutions " que la CNAM impose ensuite aux 102 CPAM via un cahier des charges national

En pratique, les CPAM sont contraintes, par le biais de cahiers des charges locaux qu'elles élaborent, d'acheter chaque année " les solutions " ainsi prédéfinies, dans le cadre de ce qu'on pourrait appeler d'appels d'offres faussés dès le départ, puisque " les besoins " présents dans le cahier des charges national, repris à l'identique dans les cahiers des charges locaux, ont été initialement définis par le principal candidat à ces marchés publics au niveau national. (CQFD)

Dès lors, une question fondamentale se pose :

Si les " besoins " inscrits dans ce cahier des charges national de la CNAM, puis repris à l'identique dans les cahiers des charges locaux des CPAM, ont été définis à partir des caractéristiques des solutions proposées par le principal candidat historique à ces marchés publics, peut-on encore considérer que la concurrence s’exerce dans des conditions pleinement équitables et objectives ?

Autrement dit : peut-on véritablement parler de concurrence lorsqu'un marché public est construit depuis les années 80 autour d’un besoin qui correspond précisément aux solutions du candidat historique ?

Surtout que si le budget public français fléché " prévention dentaire " de près 100 millions € à ce jour, placé sous la responsabilité de la CNAM dans le cadre du Fonds national de prévention (FNPEIS), a vraiment vocation à améliorer l'état de santé général de la population, pourquoi les commandes de l'Assurance Maladie en matière de prévention dentaire s'effectuent exclusivement en milieu scolaire depuis les années 80 ?

Pourquoi persévérer à acheter des solutions préventives (sensibilisation collective et dépistage individuel) uniquement dans un cadre scolaire qui peuvent être fournies :‍

- gratuitement, depuis 2023, par les  chirurgiens-dentistes dans le cadre du " Forfait d’aide à la modernisation et à l’informatisation du cabinet professionnel (FAMI) ". Forfait d'un montant de 300 € par an qu'un dentiste peut percevoir s’il s’engage à effectuer des mesures " aller vers " qui correspondent à au moins 3 interventions en dehors de son cabinet à destination notamment des publics fragiles en milieu scolaire (REP/REP+), EHPAD/ESMS, USPC et PSY, foyer-centre d’hébergement, établissement pénitencier) dans l’année ;

- gratuitement, depuis 2018, par les étudiants en santé dans le cadre du service sanitaire des étudiants en santé (S.S.E.S), obligatoire pour l'obtention de leur diplôme (voici des exemples d'appels d'offres à destination de ces étudiants pour faire la promotion de la santé bucco-dentaire dans les écoles).

D'autant que chaque euro public gaspillé ou qui va dans une solution inefficace est un euro qu'une expérimentation ou qu'une solution efficace n'aura pas. Comprenne qui voudra !

Les dirigeants de l'Assurance Maladie ne sont-ils pas censés respecter (aussi) les principes fondamentaux d'assurer l'efficacité de la commande publique et LA BONNE UTILISATION DES DENIERS PUBLICS dans leurs marchés de prévention dentaire ?

Déjà que des doublons de financement, estimés à plusieurs dizaines de millions € par an, persistent depuis des années entre les prestations " gratuites " du programme M'T Dents, rebaptisé Générations sans carie en 2025, et les remboursements classiques de l'Assurance Maladie et des complémentaires santé.

Alors, si la CNAM continue d'acheter des prestations que les chirurgiens-dentistes et les étudiants en santé peuvent fournir gratuitement dans le cadre habituel de leur activité, quelle part des 100 millions € du FNPEIS destinés chaque année au dentaire reste-t-il pour financer les actions de prévention primaire ?

Pas étonnant que la CNS constate dans son rapport de 2025 qu'au delà du fait que " L’État joue un rôle central dans les orientations stratégiques et les décisions en santé publique (...) des acteurs de première ligne en santé orale (sont) peu nombreux sur le territoire national, étant donné que tout a été fait jusqu'à présent pour étouffer financièrement l'émergence ou le développement d'acteurs indépendants, dont les solutions ne sont affectées par aucun conflit d'intérêts avec les Français, l'Assurance Maladie ou leurs complémentaires santé.

QUAND UN PROBLÈME EST MAL POSÉ TOUTES LES SOLUTIONS SONT FAUSSES

Dans le secteur dentaire, plusieurs constats font consensus depuis plusieurs années :

👉 L' Éducation pour la santé à l'école seule pour prévenir les caries dentaires et les maladies parodontales chez les enfants est inefficace ;

👉 Le soin au fauteuil ou l'éducation en santé au fauteuil sont des interventions à l'échelle de la population chères et peu efficace.

Autrement dit, avec la stratégie M'T Dents inventée dans les années 80 par un concurrent, qui est aussi " à l'origine et à l'initiative de l'Examen de prévention " plus connu sous le nom de Examen bucco-dentaire (EBD), les Français sont aujourd'hui enfermés dans un cercle vicieux de restauration dentaire à vie, qui coûte chaque année plusieurs milliards € à l'Assurance Maladie, aux complémentaires santé ... et, finalement, aux assurés français.

Il faut dire que le programme M’T Dents présente, depuis son origine, une fragilité structurelle majeure, qui explique en grande partie son faible taux de participation.

En effet, l'efficacité de cette stratégie repose sur un préalable indispensable : que les bénéficiaires prennent eux-mêmes l’initiative de consulter un chirurgien-dentiste dans une démarche de prévention.

Or, lorsqu’une personne éligible ne franchit pas spontanément la porte d'un cabinet dentaire, elle ne peut ni bénéficier du dépistage, ni accéder aux soins " gratuits " prévus par le programme.

En d'autres termes, ce programme ne parvient pas à atteindre les publics qui en auraient pourtant le plus besoin. C'est ce qu'on appelle une fausse bonne idée, étant donné que son efficacité repose précisément sur le comportement qu'il est censé susciter, à savoir la démarche volontaire de consulter un chirurgien-dentiste.

Et la création des assistant(e)s de niveau 2 (AD2) ne résoudra pas davantage cette difficulté structurelle de la stratégie M'T Dents, puisque leur intervention demeure, elle aussi, conditionnée à la présence des patients au sein d'un cabinet dentaire.

Dès lors, les personnes qui ne franchissent pas spontanément la porte d'un cabinet dentaire continueront d'échapper au dépistage, à la prévention et aux soins que cette nouvelle profession est pourtant censée contribuer à renforcer.‍

En clair : tant que le principal frein reste l’absence d'un réel suivi bucco-dentaire, renforcer les compétences et les effectifs au sein des cabinets dentaires ne suffira pas, à lui seul, à atteindre les populations les plus éloignées du système de soins.

Le problème ne réside donc pas uniquement dans la capacité à mieux prendre en charge les patients qui viennent au cabinet, mais d’abord dans la capacité à aller vers ceux qui n’y viennent pas pour qu'ils y aillent.

Vu les faibles résultats de la stratégie M'T Dents, pourquoi la CNAM continue de freiner des quatre fers l'émergence et le développement d'innovations dans ses commandes publiques de prévention dentaire ?

Ce choix, très bizarre, maintenu depuis plusieurs décennies, favorise de fait les (vieilles) solutions du candidat historique au niveau national, et celles de ses partenaires privilégiés au niveau régional, au détriment de nouvelles approches ou de candidats indépendants innovants.

Il limite l’ouverture à des cadres d’intervention complémentaires, voire alternatifs, pourtant pertinents : centres sociaux, entreprises, clubs sportifs etc … , tout en freinant le développement de stratégies d’ " aller-vers " mobiles et agiles, qui permettent de toucher directement les publics cibles, enfants comme adultes, sans dépendre d’un cadre prédéfini.

Ouvrir ces marchés publics à de nouveaux acteurs permettrait pourtant de faire émerger des solutions innovantes, pleinement capables de répondre, voire de dépasser, les " objectifs assignés " à ces marchés. D’autant plus lorsque ces innovations intègrent, au cœur de leur conception, le principe d’Universalisme proportionné.

De toute façon, si les faits sont confirmés, ce n’est pas seulement la question de l’entrée de nouveaux entrants dans ces marchés publics qui se pose. C’est la capacité même de la CNAM à gérer correctement les près de 100 millions € du FNPEIS destinés à améliorer la santé orale des Français, et non à protéger les intérêts financiers de certains acteurs privés.

En évitant, au passage, que des " fausses bonnes idées " de prévention dentaire coûtent des millions € aux contribuables français  … pour rien !

Le projet EXPRESO en est une illustration récente particulièrement révélatrice.

En effet, dès la présentation de sa stratégie, tout expert (sérieux) en santé publique orale pouvait facilement constater que l'expérimentation EXPRESO ne parviendrait ni à combattre le recours tardif aux soins, ni à améliorer l'accès aux soins dentaires en France ... si c'était vraiment l'objectif recherché !

Pourtant, en 2021, ce projet a bénéficié d'une subvention de 6,3 millions €, une somme considérable pour une expérimentation manifestement bancale dès sa conception.

Il faut dire que l'un des présidents du syndicat de dentistes à l'origine de ce projet avait une drôle de façon de voir l'avenir de la prévention dentaire en France dans un discours qu'il a tenu en 2017, tout juste avant qu' EXPRESO soit vendu à l'Etat, à la CNAM et à l'UNOCAM :

" L'objet actuellement, si vous voulez, c'est de rester relativement pragmatique. J'ai entendu beaucoup de choses de la part de nos auditeurs sur la prévention et sur tout ça. En fait l'objectif aujourd'hui pour nous réellement, c'est effectivement changer de paradigme et nous engager vers quelque chose qui va vers plus de prévention etc... Mais pour répondre à Nathalie quand elle a dit tout à l'heure : PAS DE CARIE = PAS DE PROTHÈSE = PAS DE RESTE À CHARGE 0. J'irai jusqu'à dire c'est PAS DE DENTISTES NON PLUS. Or, l'objectif c'est quand même de dire de ne pas organiser nous-mêmes le suicide de la profession quand même. ".

Difficile d'être plus explicite !

LE CODE DE LA COMMANDE PUBLIQUE EST POURTANT TRÈS CLAIR

" La prise en compte de l’innovation dans la commande publique constitue un levier précieux d’amélioration continue des services publics et de performance des achats (...) En stimulant l’innovation, la commande publique contribue en effet à faire grandir la compétitivité des entreprises, notamment les TPE-PME, en représentant un tremplin en particulier pour des start-up. "

Cet extrait du guide pratique L'achat public de solutions innovantes édité par Bercy en 2024 est donc assez clair sur le soutien que des acteurs comme l'Etat et l'Assurance Maladie doivent apporter aux start-ups françaises à travers la commande publique.

Notamment en respectant les articles suivants :

➡️ Article L3 :

Les nouveaux entrants sur un marché (F5 & F6) doivent pouvoir candidater loyalement à des appels d'offres, sans discrimination ni favoritisme au bénéfice d'un candidat concurrent. À défaut, ces marchés publics peuvent faire l'objet d'une procédure pénale dès lors qu’un avantage injustifié est accordé à un candidat par la méconnaissance des règles garantissant l’égalité entre les soumissionnaires ;

➡️ Article L2122-1 :

Ces nouveaux entrants doivent pouvoir également vendre en gré à gré à des acheteurs publics leurs innovations dont la R&D a été financée à 100 % par des fonds privés en dehors des procédures dites de pre-commercial procurement - PCP ou d' " achats publics avant commercialisation " (A.P.A.C).

Cette possibilité est expressément prévue par la législation en vigueur, notamment par l'Article R2122-3 du code de la commande publique, en raison de droits d’exclusivité liés à la propriété intellectuelle (cf. Fiche Technique de Bercy Les marchés sans publicité ni mise en concurrence préalable mise à jour en 2020).

Une procédure que connait parfaitement bien la CNAM soit dit en passant.

D'autant que depuis 2018, il est conseillé aux acheteurs des organismes de Sécurité sociale de réaliser un sourcing, conformément à l'article R2111-1 du code de la commande publique (cf. Guide du sourcing dans l'achat public édité par Bercy), en sollicitant " au moins deux, voire trois, opérateurs, afin d'éviter de se trouver influencés par les informations recueillies et de restreindre la concurrence du fait d'une rédaction " trop fermée " du cahier des charges " (...) et que " Afin de permettre aux opérateurs économiques de proposer des solutions innovantes, les organismes de Sécurité sociale ont tout intérêt à exprimer leurs besoins en termes de performances ou d'exigences fonctionnelles, ce qui permet de laisser l’initiative aux candidats sur les modalités techniques de la solution. " (cf. Guide pratique Innovation et marchés publics édité en 2018 par la CCMOSS rattachée à l'UCANSS qui est la fédération d'employeurs du régime général de la Sécurité sociale en France).

EN RÉSUMÉ

En France, nous pourrions collectivement :

👉Réduire massivement les caries sur le territoire national ;

👉Économiser des milliards € en soins curatifs ;

👉Améliorer durablement la santé et le pouvoir d’achat des Français ;

👉Créer de nombreux emplois nouveaux, notamment pour une jeunesse en quête de nouvelles opportunités ;

👉Et même aider d'autres pays à améliorer l'état de santé bucco-dentaire de leurs populations en exportant des innovations 100% françaises en prévention primaire dans le cadre du plan dentaire mondial de l'OMS.

Mais pour y parvenir, l’Etat et l’Assurance Maladie ont désormais une responsabilité simple : respecter le code de la commande publique.

À défaut, c'est la justice qui risque de devoir rappeler à qui de droit cette responsabilité en matière de prévention dentaire.

Car, à quoi ça sert que la CNAM contrôle les dirigeants des CPAM " pour s'assurer " qu'ils respectent bien les règles du code de la commande publique sur le marché de la prévention dentaire primaire, si les dirigeants de la CNAM ne respectent pas eux-mêmes ce code en favorisant dès le départ un candidat, au point de devenir " le prestataire privilégié de l'assurance maladie " selon un rapport de l'IGAS ?

LA CONFIANCE DU PEUPLE FRANÇAIS SE RESPECTE ...

À ce jour, si cette page demeure accessible en l'état sur le site internet d’AssurMeyer, c’est que les faits dénoncés continuent de se produire dans la plus grande discrétion, au détriment des Français et du bon fonctionnement de notre démocratie.

" Prévenir les atteintes à la probité dans l’achat public dépasse la seule question des procédures. La justice économique l’exige, car aucune entreprise ne doit être écartée d’un marché pour de mauvaises raisons. La crédibilité de la parole publique en dépend aussi, parce que les règles de la République doivent s’appliquer avec la même rigueur à tous " annonce David Amiel,  Ministre de l’Action et des Comptes publics, en introduction d'un nouveau guide publié le 1er septembre 2026 dédié à la lutte contre la corruption Dans le cycle de l'achat public.

Autrement dit, tricher en démocratie, ou être complice d'un appel d'offre faussé dans lequel le bénéficiaire d'un marché public est désigné à l'avance, revient à trahir avant tout celles et ceux qui, chaque jour, se lèvent tôt, travaillent dur et honnêtement, et élèvent leurs enfants dans la dignité et le respect mutuel.

C'est également nourrir la colère et la frustration quotidienne de citoyens qui se sentent abandonnés et trahis par certains responsables politiques ou hauts fonctionnaires qui se soumettent au capitalisme de connivence, au bénéfice d'un populisme dans sa forme la plus dangereuse en démocratie, qui ne cesse de progresser depuis plusieurs années en France comme ailleurs dans le monde.‍

En clair, la probité n'est pas un vain dans une démocratie. C'est un engagement quotidien envers la justice sociale, envers les plus modestes, envers la vérité.

... MAIS ELLE SE MÉRITE AVANT TOUT

Les paroles et les engagements s'envolent, mais les écrits, les podcasts et les actions restent.

À bon entendeur, salut !