🦷 Prévention Dentaire en France : 40 ans de retard organisé au détriment des Français.

Par Gérald DEMEYER Président fondateur d'ASSURMEYER
Modifié le : 28/01/26 à 11h15

Pour activer les liens hypertextes bleus, cliquez dessus.

📰 Résumé :

Depuis plus de 40 ans, la politique française de prévention dentaire repose sur un modèle devenu obsolète avec le temps, verrouillé par un système d’influence construit dès les années 1980.

Ce système a produit trois dérives majeures :

➡️ Une exclusion sanitaire massive :

Près de 80 % de la population française, principalement les adultes, est exclue des dispositifs publics de prévention dentaire primaire, en contradiction avec le principe constitutionnel garantissant le droit fondamental à la protection de la santé pour tous.

➡️ Un gaspillage financier structurel :

Chaque année, les Français dépensent des milliards € en soins curatifs évitables. Dans le même temps, des millions € d’argent public continuent d’être alloués à des dispositifs préventifs vieux de plus de 30 ans, tandis que 0 € est investi dans des solutions de prévention innovantes, dont la vocation première est pourtant de protéger durablement la santé orale de la population. Par ailleurs, certains projets de prévention subventionnés à hauteur de plusieurs millions €, s'achèvent bizarrement par un échec rapide, comme avec le projet
EXPRESO. 1

➡️ Un
capitalisme de connivence institutionnalisé :

Un concurrent, profitant du jeu de chaises musicales historique entre le ministère de la santé et l'Assurance Maladie, est parvenu jusqu’ici à imposer dans les appels d’offres publics de prévention dentaire lancés chaque année en France
une définition des besoins précisément alignée sur les solutions du groupe privé qu'il a dirigé pendant plus de 30 ans, dont il est aujourd'hui président d'honneur.

Résultat :

👉Ces marchés publics son verrouillés
👉La concurrence est étouffée
👉L'innovation en prévention dentaire primaire est bloquée en France

Aujourd’hui, l’essentiel de ces marchés publics, représentant plusieurs millions € chaque année à l’échelle nationale, est capté depuis des décennies par un candidat quasi unique. Et ce, malgré l’existence de solutions concurrentes, plus récentes, alors que celles actuellement commercialisées par ce candidat reposent sur des techniques conçues dans
les années 80, désormais obsolètes ou inefficaces à long terme. Cette situation apparaît d’autant plus paradoxale, mais surtout bizarre au regard de l’explosion du recours aux prothèses dentaires en France au cours des 20 années, révélatrice de l’échec de la prévention primaire actuelle.

Autrement dit, on n’est jamais mieux servi que par soi-même lorsqu'on est à la fois juge ET partie dans la conception d'un plan de prévention dentaire, définissant très précisément les " besoins " et les " solutions " que la Caisse Nationale d'Assurance Maladie
(CNAM) impose ensuite aux 102 CPAM via un cahier des charges national.

En pratique, les CPAM se voient alors contraintes, par le biais de cahiers des charges locaux qu'elles élaborent, d'acheter chaque année " les solutions " ainsi prédéfinies, dans le cadre d'
appels d'offres faussés dès le départ.

En effet, " les besoins " présents dans le cahier des charges national, puis repris à l'identique dans les cahiers des charges locaux, ont été initialement définis par le principal candidat à ces marchés publics au niveau national.

Un tel favoritisme est susceptible d’engager la responsabilité pénale de la CNAM, en tant que donneur d’ordres des CPAM, mais également celle du candidat favorisé, depuis la " Mise en oeuvre du programme national de prévention bucco-dentaire " en 2007 ... programme conçu par les dirigeants mêmes de ce candidat. (CQFD)

UNE POLITIQUE PRÉVENTIVE CONTRAIRE À L'INTÉRÊT GÉNÉRAL

Malgré :

- qu'en 2010, l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) soulignait que " le retard français en matière de prévention et d’hygiène bucco-dentaire reste flagrant malgré les actions menées par l’assurance maladie et les chirurgiens-dentistes ", tout en recommandant aux pouvoirs publics et à l'Assurance Maladie dans un rapport de 2013
l’élaboration d’un plan de santé bucco-dentaire qui ne se limite pas à la prévention chez les enfants et adolescents ;

- qu'en 2016, la
Cour des comptes  a dressé un constat encore plus alarmant :   Le (1er) plan (français) de prévention bucco-dentaire, lancé en 2007, excluait " près de 80 % de la population ", principalement les adultes. Elle recommandait alors à l'Etat d' Adopter une stratégie de santé publique (orale) couvrant l'ensemble de la population, en accord avec le texte constitutionnel du droit à la protection de la santé pour tous ;

- et l’engagement de l'Etat auprès de l’OMS en 2023 en faveur d'
un nouveau plan d'action national de santé bucco-dentaire ;

La politique de prévention dentaire menée en France reste inchangée à ce jour (janvier 2026) :

👉prévention primaire quasi exclusivement scolaire,
👉focalisée sur les enfants,
👉sans stratégie envers les parents et les adultes,
👉et sans impact durable sur les comportements.

Pendant ce temps, depuis 2020, l'Etat oblige l'Assurance Maladie et les complémentaires à rembourser intégralement certaines prothèses dentaires (prévention tertiaire) sans reste à charge, dans le cadre du
panier 100% santé dentaire. De l'autre, il n'incite pas, et encore moins n'oblige ces mêmes acteurs à rembourser ou à prendre en charge intégralement des solutions de prévention dentaire primaire, pourtant bien moins coûteuses que les prothèses, et infiniment plus bénéfiques d’un point de vue santé pour les assurés français.

Résultat :

👉Les innovations en prévention dentaire primaire ont été étouffées jusqu'à présent en France, étant donné que les marchés publics de l'Etat et/ou de l'Assurance Maladie sont la principale, pour ne pas dire l'unique, source de revenus pour un acteur spécialisé dans la promotion de la santé bucco-dentaire.

En clair : sans le soutien financier de l'Etat ou de l'Assurance Maladie, par le biais des procédures de
subvention et marché public, impossible pour un nouvel entrant spécialisé (uniquement) en prévention dentaire primaire de survivre financièrement en France, puisque les assureurs (Sociétés d'assurance, Mutuelles, Institutions de prévoyance) investissent peu dans l'Hexagone en prévention santé primaire, pour des raisons de contraintes législatives et de fortes pressions concurrentielles. 2

Ce n'est donc pas un hasard si dans son
rapport du 17.01.25 sur la santé bucco-dentaire la CNS nous explique que des acteurs de première ligne en santé orale (sont) peu nombreux sur le territoire national, étant donné que tout a été fait jusqu'à présent pour étouffer financièrement l'émergence ou le développement d'acteurs indépendants, dont les solutions ne sont affectées par aucun conflit d'intérêts avec les Français, l'Assurance Maladie et les complémentaires santé.

Au bénéfice de qui ?

LE COEUR DU PROBLÈME : UN CONFLIT D'INTÉRÊTS STRUCTUREL

Sans entrer ici dans le détail d'un réseau d'influence tentaculaire présent dans le secteur dentaire français depuis plusieurs décennies, voici des extraits d'un podcast, qui dure plus de 2 heures, où l'on peut entendre un concurrent aux multiples métiers et casquettes, très connu dans le secteur dentaire français, mais aussi à l'international, se définissant d'ailleurs lui-même comme étant à la fois " un mec santé publique et un mec business ", expliquait très clairement, avec un aplomb déconcertant et même méprisant vis-à-vis de certaines personnes, la mécanique d'influence qu'il a construit tranquillement sur le territoire national depuis les années 80 auprès des ministres de la santé successifs et de la direction générale de la santé
(DGS) 🎤 extrait podcast, des CPAM et de la CNAM 🎤 extrait podcast etc., au point d'être aujourd'hui très clairement le véritable architecte de la politique de prévention dentaire menée ces 4 dernières décennies en France par l'Etat et l'Assurance Maladie.

Une politique menée, non pas dans l'intérêt des Français, comme le montre l'explosion de la vente des prothèses dentaires sur le territoire national ces 20 dernières années, mais dans l’intérêt du groupe privé qu'il a dirigé plus de 30 ans, dont il est aujourd'hui président d'honneur, et de tout un tas d'entreprises de différents secteurs qui l'ont soutenu financièrement pour agir en toute discrétion et impunité jusqu'à maintenant.

Parmi ces entreprises, on trouve notamment une (grande) marque mondiale de chewing-gum sans sucres, dont voici la stratégie qui a été utilisée en France pendant 2 ans " pour s'attaquer aux dentistes avant de s'attaquer au marché du grand public " 🎤
extrait podcast afin d'imposer les produits de cette marque sur le territoire national sous couvert de prévention dentaire.  

Ce qui prouve bien que la recommandation faite aux Français, à partir de 2013, de se brosser les dents 2 fois par jour, au lieu des 3 brossages jusque-là préconisés, n'avait vraiment rien à voir avec une quelconque evidence-based dentistry (EBD), mais plutôt avait à voir avec " un pacte commercial " fait dans le dos des Français dans les années 80.

À ce sujet, il faut savoir que les industriels du sucre ont conçu et promu le
projet 269 durant les années 60 et 70, une stratégie du Cheval de Troie politique boostée au Ghostwriting afin d'entraver le programme de lutte contre les caries aux États-Unis, et très probablement dans d'autres pays, sachant que la France est le premier producteur européen de sucre.

À qui appartiennent aujourd'hui les grandes marques mondiales de chewing-gum sans sucres ?

LA VRAIE QUESTION À SE POSER AUJOURD'HUI EN FRANCE

La politique publique de prévention dentaire vise-t-elle réellement à protéger la santé des Français … ou à protéger discrètement les intérêts financiers de certains acteurs privés  ?

MES PROPOSITIONS POUR ÉVITER LES CONTENTIEUX
ET POUR L'ACTION LÉGISLATIVE

➡️ Respect de l'
Article L3 du Code de la commande publique (ccp) :

Permettre aux nouveaux entrants, notamment les acteurs F5 et F6 (cf. image ci-dessous) de candidater loyalement aux marchés publics de prévention dentaire lancés chaque année par l'Assurance Maladie, et/ou de vendre en
gré à gré à l'Etat ou au réseau de l'Assurance Maladie des innovations financées à 100 % par fonds privés, en dehors des procédures de pre-commercial procurement - PCP ou d' " achats publics avant commercialisation A.P.A.C, comme le permet la législation en vigueur, notamment l' article R2122-3 du ccp, du fait de droits d’exclusivité en matière de propriété intellectuelle (cf. Guide pratique L'achat public de solutions innovantes édité par Bercy en 2024 et la Fiche Technique Les marchés sans publicité ni mise en concurrence préalable mise à jour en 2020) ;

➡️ Incitations fiscales :

Favoriser les complémentaires santé qui intègrent une garantie de prévention primaire active ;

➡️ Expérimentation territoriale :

Lancer des zones " Zéro Carie ".

CONCLUSION

La France pourrait :

👉 réduire massivement les caries,
👉 économiser des milliards € en soins curatifs,
👉 améliorer durablement la santé et le pouvoir d’achat des Français.

Mais pour cela, il faut briser 40 ans de connivence entre :

👉des (faux) partenaires associatifs qui sont, en réalité, depuis des décennies, des (vrais) concurrents sur les marchés publics de prévention dentaire de l’Assurance Maladie,
👉les décideurs qui pilotent la politique de prévention dentaire au ministère de la santé,
👉les responsables qui valident et financent cette politique à la CNAM.

LA CONFIANCE DES FRANÇAIS SE RESPECTE ...

À ce jour, si cette page demeure accessible sur le site d’ASSURMEYER, c’est que les faits dénoncés continuent de se produire dans la plus grande discrétion, au détriment des Français.

C’est également parce qu’une procédure pénale est à l'étude, visant la CNAM, et, très probablement, l’État, tant que la version nationale du
plan dentaire de l’OMS n’est pas effectivement mise en œuvre, ou tant qu’elle ne couvre pas l’ensemble de la population française, sans aucune forme de discrimination, notamment envers les adultes.

Et pour cause, en France, le droit à la protection de la santé, y compris la santé orale, constitue
un droit fondamental à valeur constitutionnelle, situé au sommet de la hiérarchie des normes.

Il bénéficie à tous les
(assurés sociaux) Français, sans distinction d’âge, d’état de santé, de niveau de revenus, de niveau d’éducation ou de lieu de résidence. Ce droit relève de la responsabilité de l'Etat, qui en est le garant et le débiteur au titre des droits-créances.

À ce titre, il lui appartient soit d’en assurer le financement directement, soit d’en organiser la prise en charge par l’Assurance Maladie et/ou les complémentaires santé.

Conformément à l'
Article L1110-1 du Code de la santé publique, ce droit " doit être mis en œuvre par tous moyens disponibles au bénéfice de toute personne ", consacrant ainsi une obligation de moyens clairement rappelée par la loi.

... MAIS ELLE SE MÉRITE AVANT TOUT !

Les paroles et les engagements s'envolent, mais les écrits, les podcasts et les actions restent.

À bon entendeur, salut !

1. Dès la présentation de sa stratégie, tout expert (sérieux) en santé publique orale pouvait facilement constater que l'expérimentation EXPRESO ne parviendrait ni à combattre le recours tardif aux soins, ni à améliorer l'accès aux soins dentaires en France ... si c'était vraiment l'objectif recherché. Pourtant, en 2021, ce projet a bénéficié d' une subvention de 6,3 millions €, une somme considérable pour une expérimentation manifestement bancale dès sa conception. Il convient de rappeler que le projet EXPRESO a été discrètement abandonné le 31 août 2023, comme le confirme l’arrêté d’abrogation du 13 février 2025, soit à peine 12 mois après l'intégration du premier assuré social dans cette expérimentation. Une issue pour le moins surprenante pour un projet qui aurait, soi-disant, nécessité plusieurs années de préparation avant son lancement, finalement intervenu en septembre 2022 avec 18 mois de retard. Il faut dire que l'un des présidents du syndicat de dentistes à l'origine de ce projet avait une drôle de façon de voir l'avenir de la prévention dentaire en France dans un discours qu'il a tenu en 2017, tout juste avant qu' EXPRESO soit vendu à l'Etat, l'Assurance Maladie et l' UNOCAM : " L'objet actuellement, si vous voulez, c'est de rester relativement pragmatique. J'ai entendu beaucoup de choses de la part de nos auditeurs sur la prévention et sur tout ça. En fait l'objectif aujourd'hui pour nous réellement, c'est effectivement changer de paradigme et nous engager vers quelque chose qui va vers plus de prévention etc... Mais pour répondre à Nathalie quand elle a dit tout à l'heure : PAS DE CARIE = PAS DE PROTHÈSE = PAS DE RESTE À CHARGE 0. J'irai jusqu'à dire c'est PAS DE DENTISTES NON PLUS. Or, l'objectif c'est quand même de dire de ne pas organiser nous-mêmes le suicide de la profession quand même ! ". Difficile d'être plus explicite. Autrement dit, lorsqu’un Etat ou un assureur accepte que sa politique (ou stratégie) de prévention dentaire soit influencée, pour ne pas dire dictée, par les représentants de l’industrie dentaire, c’est un peu comme si cet Etat ou cet assureur confiait sa politique (ou stratégie) de lutte contre le tabagisme aux représentants de l’industrie du tabac. Le conflit d’intérêts saute aux yeux. Ceci explique certainement pourquoi en France, l'Etat et l'Assurance Maladie investissent ensemble à peine 3 millions € chaque année en prévention dentaire primaire, toujours dans les mêmes solutions depuis plus de 30 ans ... chères et peu efficaces ... pendant que les Français sont, d'une certaine façon, contraints de dépenser chaque année plus de 15 milliards € en soins dentaires, dont plus de 7 milliards uniquement pour l'achat de prothèses dentaires. Des milliards en prothèses pourtant largement évitables par un investissement sérieux, cohérent et indépendant en prévention primaire. Comprenne qui voudra !
2. De manière générale, les assureurs investissent peu dans la prévention santé primaire en France. Cette situation s’explique à la fois par le manque de coopération entre l’Assurance Maladie obligatoire (AMO) et les complémentaires santé (AMC), mais surtout par la crainte de ne pas pouvoir rentabiliser ces investissements, comme l’indiquent plusieurs dirigeants du secteur. Cette crainte s'est même renforcée
depuis le 1er décembre 2020, date à laquelle les assurés français peuvent désormais changer leur complémentaire santé sans frais ni délais après la première année. En effet, un assureur qui investirait dans la prévention primaire au bénéfice d’un assuré s’expose à un risque financier important : si l’assuré change de complémentaire après un an, l’investissement peut être perdu, voire profiter à un concurrent dans le cadre de la résiliation infra-annuelle (RIA), applicable aussi bien aux contrats individuels qu’aux contrats collectifs (mutuelles d’entreprise). Dès lors, pendant la période nécessaire à la rentabilisation de ces investissements, le premier assureur ne dispose d’aucune garantie de fidélisation de l’assuré. Dans le cadre législatif actuel, il est donc compréhensible que de nombreux acteurs se montrent réticents à investir directement sur le territoire national dans des solutions de prévention primaire pertinentes, qu’elles concernent le domaine dentaire ou d’autres pathologies. Ces dispositifs nécessitent en effet des investissements initiaux souvent conséquents pour produire des résultats tangibles dès les premières années.