🦷 Prévention Dentaire en France : la face cachée de la politique publique.

Par Gérald DEMEYER Président fondateur d'ASSURMEYER
Modifié le : 11/02/26 à 11h11

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LES FAITS

Aujourd’hui encore, la politique publique de prévention dentaire menée dans l'Hexagone repose sur une stratégie inventée dans les années 80 par un concurrent. Avec le temps, les solutions financées dans le cadre de cette politique sont devenues obsolètes, comme le confirme l'explosion sur le territoire national de la vente de prothèses dentaires ces 20 dernières années.

Pourtant, cette stratégie continue d'être privilégiée par l'Etat et l'Assurance Maladie, protégée par un système d’influence mis en place par ce même concurrent aux multiples casquettes, où s’entremêlent des intérêts privés et des intérêts publics.

Cette influence a engendré jusqu'à présent 3 dérives majeures, aux conséquences sanitaires, économiques et démocratiques considérables.

1️⃣ Une exclusion sanitaire massive :

Près de 80 % de la population française, principalement les adultes, est exclue des dispositifs publics de prévention dentaire primaire.

Cette situation constitue une rupture manifeste d’égalité et entre en contradiction directe avec le principe constitutionnel garantissant à chacun le droit fondamental à la protection de la santé, sans distinction d’âge.

2️⃣ Un gaspillage financier structurel :

Chaque année, les Français consacrent des milliards € à des soins dentaires curatifs pourtant largement évitables par une prévention primaire efficace et moderne.

Dans le même temps, des millions € d’argent public continuent d’être injectés dans des dispositifs de prévention primaire dépassés, fondés sur une stratégie inchangée depuis plus de 30 ans.

Plus préoccupant encore : aucun investissement public significatif n’est consacré à des stratégies de prévention primaire innovantes, alors même que leur finalité est double :

👉 protéger durablement la santé orale de la population
👉 réduire les dépenses de santé à la source

Ce gaspillage d'argent public n’est ni accidentel ni ponctuel : il est structurellement entretenu.

Des projets de prévention massivement subventionnés, parfois à hauteur de plusieurs millions €, se soldent par des échecs rapides et prévisibles, sans évaluation indépendante, sans remise en question réelle, ni véritable
reddition de comptes.

Le projet
EXPRESO en est une illustration flagrante. 1

3️⃣ Un
capitalisme de connivence institutionnalisé où la concurrence dicte ses propres marchés publics :

Profitant du jeu de chaises musicales historique entre le ministère de la santé et l'Assurance Maladie, un concurrent est parvenu jusqu’ici à imposer dans les appels d’offres publics de prévention dentaire lancés chaque année en France
une définition des besoins taillée sur mesure pour les solutions du groupe privé qu’il a dirigé pendant plus de 30 ans, et dont il est aujourd’hui président d’honneur.

📰Résultat :

👉 ces marchés publics sont verrouillés
👉 la concurrence est étouffée
👉 l'innovation en prévention dentaire primaire est bloquée en France

Aujourd’hui, l’essentiel de ces marchés publics, représentant plusieurs millions € chaque année à l’échelle nationale, est capté depuis des décennies par un candidat quasi unique. Cette situation perdure malgré l’existence de solutions concurrentes plus récentes et innovantes, alors que celles actuellement commercialisées par ce candidat reposent sur des techniques conçues dans
les années 80, aujourd’hui largement obsolètes, pour ne pas dire inefficaces à long terme.

À cela s’ajoute le fait que ces prestations en milieu scolaire, qu’il s’agisse de la sensibilisation collective ou du dépistage individuel, pourraient désormais être assurées gratuitement par des étudiants en santé, voire par des chirurgiens-dentistes volontaires. 2

Cette situation apparaît d’autant plus paradoxale, mais surtout bizarre, au regard de l’explosion du recours aux prothèses dentaires en France au cours des 20 années, laquelle révèle l’échec d’une stratégie préventive strictement scolaire.

UN COPINAGE QUI PORTE ATTEINTE
AU PILIER DE NOTRE SOLIDARITÉ NATIONALE

Autrement dit, on n’est jamais mieux servi que par soi-même lorsqu'on est à la fois juge ET partie dans la conception d'un plan de prévention dentaire, définissant très précisément les " besoins " et les " solutions " que la Caisse Nationale d'Assurance Maladie
(CNAM) impose ensuite aux 102 CPAM via un cahier des charges national.

En pratique, les CPAM se voient alors contraintes, par le biais de cahiers des charges locaux qu'elles élaborent, d'acheter chaque année " les solutions " ainsi prédéfinies, dans le cadre d'
appels d'offres faussés dès le départ.

En effet, " les besoins " présents dans le cahier des charges national, puis repris à l'identique dans les cahiers des charges locaux, ont été initialement définis par le principal candidat à ces marchés publics au niveau national.

Ce problème de concurrence déloyale, pour ne pas dire d'
atteintes à la probité, est susceptible d’engager la responsabilité pénale de la CNAM, en tant que donneur d’ordres des CPAM, mais également celle du candidat indûment favorisé, et ce depuis la " Mise en oeuvre du programme national de prévention bucco-dentaire " en 2007 ... programme qui, faut-il le rappeler, a été conçu par les dirigeants mêmes de ce candidat (CQFD).

D'autant qu'il va bien falloir un jour répondre à cette question : pourquoi les appels d'offres de l'Assurance Maladie en matière de prévention dentaire s'effectuent exclusivement dans un cadre scolaire depuis les années 80, ce qui favorise de fait les solutions du candidat historique, plutôt que d’être ouverts (en complément ou en alternative) à d’autres cadres d'intervention pourtant pertinents (centres sociaux, entreprises, clubs sportifs etc...), ou à des stratégies d' " aller-vers " mobile (sans cadre d'intervention prédéfini) qui s'adressent directement aux publics cibles, que ce soit en face à face, quel que soit le lieu, ou à distance grâce à des outils numériques, permettant ainsi à de nouveaux entrants de proposer leurs solutions innovantes tout aussi capables de répondre aux " objectifs assignés "  à ces marchés publics ?

DE 1989 À 2026 ... RIEN N'A CHANGÉ DANS L'INTÉRÊT DES (ASSURÉS) FRANÇAIS

Malgré :

- qu'en 2010, l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) soulignait que " le retard français en matière de prévention et d’hygiène bucco-dentaire reste flagrant malgré les actions menées par l’assurance maladie et les chirurgiens-dentistes ", tout en recommandant aux pouvoirs publics et à l'Assurance Maladie dans un rapport de 2013
l’élaboration d’un plan de santé bucco-dentaire qui ne se limite pas à la prévention chez les enfants et adolescents ;

- qu'en 2016, la
Cour des comptes  a dressé un constat encore plus alarmant :   Le (1er) plan (français) de prévention bucco-dentaire, lancé en 2007, excluait " près de 80 % de la population ", principalement les adultes. Elle recommandait alors à l'Etat d' Adopter une stratégie de santé publique (orale) couvrant l'ensemble de la population, en accord avec le texte constitutionnel du droit à la protection de la santé pour tous ;

- qu'en 2023, l'Etat s'est engagé auprès de l’OMS à mettre en place
un nouveau plan d'action national de santé bucco-dentaire ;

- qu'en 2025, la conférence nationale de santé
(CNS) a sorti un rapport formulant 44 recommandations pour le secteur dentaire français, avec le principal constat qu' " il est urgent de définir une stratégie nationale de santé orale ", en appelant " à favoriser le déploiement de programmes de prévention et/ou promotion de la santé orale au plus près des populations ", car " un bon état de santé orale profite à toutes et à tous. " (Recommandation 10)

La politique de prévention dentaire menée en France reste inchangée à ce jour (février 2026) :

👉Prévention primaire quasi exclusivement scolaire,
👉Focalisée sur les enfants,
👉Sans stratégie envers les parents et les adultes,
👉Sans impact durable sur les comportements.

Pendant ce temps, depuis 2020, l'Etat :

👉D'un côté, oblige l'Assurance Maladie et les complémentaires à rembourser intégralement certaines prothèses dentaires (prévention tertiaire) sans reste à charge, dans le cadre du
panier 100% santé dentaire.
👉De l'autre, il n'incite pas, et encore moins n'oblige ces mêmes acteurs à rembourser intégralement des solutions de prévention dentaire primaire, pourtant bien moins coûteuses que les prothèses, et infiniment plus bénéfiques d’un point de vue santé pour les assurés français.

📰Résultat :

👉Les innovations en prévention dentaire primaire ont été étouffées jusqu'à présent en France, étant donné que les marchés publics de l'Etat et/ou de l'Assurance Maladie sont la principale, pour ne pas dire l'unique, source de revenus pour un acteur spécialisé dans la promotion de la santé bucco-dentaire.

En clair : sans le soutien financier de l'Etat ou de l'Assurance Maladie, par le biais des procédures de
subvention et marché public, impossible pour un nouvel entrant spécialisé (uniquement) en prévention dentaire primaire de survivre financièrement en France, puisque les assureurs (Sociétés d'assurance, Mutuelles, Institutions de prévoyance) investissent peu dans l'Hexagone en prévention santé primaire, pour des raisons de contraintes législatives et de fortes pressions concurrentielles. 3

Ce n'est donc pas un hasard si dans son
rapport du 17.01.25 sur la santé bucco-dentaire la CNS nous explique que des acteurs de première ligne en santé publique orale peu nombreux sur le territoire national, étant donné que tout a été fait jusqu'à présent pour étouffer financièrement l'émergence ou le développement d'acteurs indépendants, dont les solutions ne sont affectées par aucun conflit d'intérêts avec les Français, l'Assurance Maladie et les complémentaires santé.

Au bénéfice de qui ?

LE COEUR DU PROBLÈME : UN CONFLIT D'INTÉRÊTS STRUCTUREL

Lorsque vous êtes victime du capitalisme de connivence, en tant qu'entrepreneur honnête ou simple citoyen, qui
abouti à des inégalités abyssales, à l’affaiblissement des filets de protection sociale et à la collusion des élites politiques et économiques, vous n'en êtes pas conscient sur le coup, mais seulement des années plus tard, et de façon fragmentée au départ quand vous commencez à chercher la vérité. (Voir à ce sujet le témoignage d'un autre dirigeant français : Le capitalisme de connivence vu de l'intérieur)

Voilà pourquoi dès 2002, tout juste après avoir créé l'association
Point Dentaire, j'ai été rapidement victime, sans m'en rendre vraiment compte pendant des années, d'une stratégie d' espionnage industriel et de connivence très sophistiquée.

Tellement sophistiquée que, pour comprendre cette stratégie dans les moindres détails une fois que j'avais compris m'être fait piéger par des (faux) partenaires associatifs qui se sont avérés être des (vrais) concurrents dans les marchés publics de l'Assurance Maladie, j'ai dû m'armer de patience et persévérer pendant plus de 20 ans afin de réunir des preuves incontestables sur cette stratégie.

Parmi ces preuves, la plus parlante au sens propre du terme est un podcast réalisé en 2021, que j'ai découvert tout à fait par hasard en 2023, dans lequel mon principal concurrent français explique tranquillement, avec force de détails pendant plus de 2 heures, l’étendue de son influence sur la politique de prévention dentaire menée jusqu'à présent en France.

Dans ce podcast, on peut entendre ce concurrent aux multiples métiers et casquettes, très connu dans le secteur dentaire français, mais aussi à l'international, se définissant d'ailleurs lui-même comme étant à la fois " un mec santé publique et un mec business ", expliquait très clairement, avec un aplomb déconcertant et même méprisant vis-à-vis de certaines personnes, la mécanique d'influence qu'il a construit tranquillement sur le territoire national depuis les années 80 auprès des ministres de la santé successifs et de la direction générale de la santé
(DGS) 🎤 extrait podcast, des CPAM et de la CNAM 🎤 extrait podcast etc., au point d'être aujourd'hui très clairement le véritable architecte de la politique de prévention dentaire menée ces 4 dernières décennies en France par l'Etat et l'Assurance Maladie.

Une politique menée, non pas dans l'intérêt des Français, comme le montre l'explosion de la vente des prothèses dentaires sur le territoire national ces 20 dernières années, mais dans l’intérêt du groupe privé qu'il a dirigé plus de 30 ans, dont il est aujourd'hui président d'honneur, et de tout un tas d'entreprises de différents secteurs qui l'ont soutenu financièrement pour agir en toute discrétion et impunité jusqu'à maintenant.

Parmi ces entreprises, on trouve notamment une (grande) marque mondiale de chewing-gum sans sucres, dont voici la stratégie qui a été utilisée en France pendant 2 ans " pour s'attaquer aux dentistes avant de s'attaquer au marché du grand public " 🎤
extrait podcast afin d'imposer les produits de cette marque sur le territoire national sous couvert de prévention dentaire.

Ce qui prouve bien que la recommandation faite aux Français, à partir de 2013, de se brosser les dents 2 fois par jour, au lieu des 3 brossages jusque-là préconisés, n'avait vraiment rien à voir avec une quelconque " dentisterie fondée sur les preuves " (en anglais : evidence-based dentistry (EBD)), mais plutôt avait à voir avec " un pacte commercial " fait dans le dos des Français dans les années 80.

À ce sujet, il faut savoir que les industriels du sucre ont conçu et promu le
projet 269 durant les années 60 et 70, une stratégie du Cheval de Troie politique boostée au Ghostwriting afin d'entraver le programme de lutte contre les caries aux États-Unis, et très probablement dans d'autres pays, sachant que la France est le premier producteur européen de sucre.

À qui appartiennent aujourd'hui les grandes marques mondiales de chewing-gum sans sucres ?

LA VRAIE QUESTION À SE POSER AUJOURD'HUI

La politique de prévention dentaire menée en France vise-t-elle réellement à protéger la santé des Français … ou à protéger discrètement les intérêts financiers de certains acteurs privés  ?

LE CODE DE LA COMMANDE PUBLIQUE EST POURTANT TRÉS CLAIR

➡️
Article L3 :

Les nouveaux entrants sur le marché de la prévention dentaire primaire, notamment les acteurs F5 et F6 (cf. image ci-dessous), doivent pouvoir candidater loyalement aux marchés publics de prévention dentaire lancés chaque année par l'Assurance Maladie, sans discrimination ni favoritisme au bénéfice d'un candidat concurrent ;

➡️
Article L2122-1 :

Ces nouveaux entrants doivent pouvoir également vendre en
gré à gré à l'Etat ou au réseau de l'Assurance Maladie leurs innovations préventives, financées à 100 % par fonds privés en dehors des procédures dites de pre-commercial procurement - PCP ou d' " achats publics avant commercialisation " (A.P.A.C).

Cette possibilité est expressément prévue par la législation en vigueur, notamment par l'
Article R2122-3 du code de la commande publique, en raison de droits d’exclusivité liés à la propriété intellectuelle (cf. Guide pratique L'achat public de solutions innovantes édité par Bercy en 2024 et la Fiche Technique Les marchés sans publicité ni mise en concurrence préalable mise à jour en 2020).

👉 À noter que lorsque des nouveaux entrants (F5 - F6) apparaissent sur le marché avec des solutions innovantes, mieux adaptées aux besoins de l'Assurance Maladie et aux intérêts des (contribuables & assurés) Français en matière de prévention dentaire primaire, ignorer volontairement leurs offres ou les écarter insidieusement des appels d'offres publics sur ce sujet revient à adopter une démarche de
boycott anticoncurrentiel ou d' entente anticoncurrentielle envers un nouvel entrant. Ce qui est (aussi) illégal.

En effet, le " refus d'acheter " à un nouvel acteur disposant de droits d'exclusivité sur certaines de ses solutions, et pouvant à ce titre bénéficier d'une procédure de commande publique sans publicité ni mise en concurrence préalable (procédure dite de " gré à gré ") constitue (aussi) une infraction, dès lors que ce refus a pour objet, ou peut avoir pour effet
d’empêcher, de restreindre ou de fausser le jeu de la concurrence sur un marché, ou de limiter le progrès technique sur ledit marché, voire de vouloir évincer un opérateur du marché.

Enfin, il n'est pas inutile de rappeler que : " de manière générale, la jurisprudence considère qu'un appel d'offres pour la fourniture d'un bien ou d'un service constitue un marché pertinent au sens du droit de la concurrence : le demandeur est l'organisateur de l'appel d'offres, et les offreurs en compétition sur ce marché sont les opérateurs susceptibles d'y répondre. " (cf.
Décision n°08-D-05 du 27 mars 2008 de l'Autorité de la concurrence)

CONCLUSION

La France pourrait :

👉 réduire massivement les caries,
👉 économiser des milliards € en soins curatifs,
👉 améliorer durablement la santé et le pouvoir d’achat des Français.

Mais pour y parvenir, un dernier obstacle, et pas des moindres, reste à briser :

Celui d'un entre-soi solidement installé dès les années 80 par un concurrent au sein de l'administration sanitaire, discrètement entretenu avec celles et ceux qui, au fil du temps, sont devenus, au ministère de la Santé et à l’Assurance Maladie, les responsables (influencés) de la politique nationale de prévention dentaire.

Des responsables pour qui, visiblement :

👉lancer des appels d’offres faussés ne pose aucun problème ;
👉pas plus le fait que certains candidats potentiels à ces appels d'offres aient pu être victimes d’espionnage industriel, jusqu'à voir leur Conseil d’Administration piraté … à leur insu !

LA CONFIANCE DES FRANÇAIS SE RESPECTE ...

À ce jour, si cette page demeure accessible sur le site d’ASSURMEYER, c’est que les faits dénoncés continuent de se produire dans la plus grande discrétion, au détriment des Français et de
la démocratie.

C’est également parce qu’une procédure pénale est à l'étude, visant la CNAM, et, très probablement, l’État, tant que la version nationale du
plan dentaire de l’OMS n’est pas effectivement mise en œuvre, ou tant qu’elle ne couvre pas l’ensemble de la population française, sans aucune forme de discrimination, notamment envers les adultes.

Et pour cause, en France, le droit à la protection de la santé, y compris la santé orale, constitue
un droit fondamental à valeur constitutionnelle, situé au sommet de la hiérarchie des normes.

Ce droit doit bénéficier à tous les (assurés sociaux) Français, sans distinction d’âge, d’état de santé, de niveau de revenus, de niveau d’éducation ou de lieu de résidence. Il relève de la responsabilité de l'Etat, qui en est le garant et le débiteur au titre des droits-créances.

À ce titre, il lui appartient soit d’en assurer le financement directement, soit d’en organiser la prise en charge par l’Assurance Maladie et/ou les complémentaires santé.

Conformément à l'
Article L1110-1 du Code de la santé publique, ce droit " doit être mis en œuvre par tous moyens disponibles au bénéfice de toute personne ", consacrant ainsi une obligation de moyens clairement rappelée par la loi.

... MAIS ELLE SE MÉRITE AVANT TOUT !

Les paroles et les engagements s'envolent, mais les écrits, les podcasts et les actions restent.

À bon entendeur, salut !

1. Dès la présentation de sa stratégie, tout expert (sérieux) en santé publique orale pouvait facilement constater que l'expérimentation EXPRESO ne parviendrait ni à combattre le recours tardif aux soins, ni à améliorer l'accès aux soins dentaires en France ... si c'était vraiment l'objectif recherché. Pourtant, en 2021, ce projet a bénéficié d' une subvention de 6,3 millions €, une somme considérable pour une expérimentation manifestement bancale dès sa conception. Il convient de rappeler que le projet EXPRESO a été discrètement abandonné le 31 août 2023, comme le confirme l’arrêté d’abrogation du 13 février 2025, soit à peine 12 mois après l'intégration du premier assuré social dans cette expérimentation. Une issue pour le moins surprenante pour un projet qui aurait, soi-disant, nécessité plusieurs années de préparation avant son lancement, finalement intervenu en septembre 2022 avec 18 mois de retard. Il faut dire que l'un des présidents du syndicat de dentistes à l'origine de ce projet avait une drôle de façon de voir l'avenir de la prévention dentaire en France dans un discours qu'il a tenu en 2017, tout juste avant qu' EXPRESO soit vendu à l'Etat, l'Assurance Maladie et l' UNOCAM : " L'objet actuellement, si vous voulez, c'est de rester relativement pragmatique. J'ai entendu beaucoup de choses de la part de nos auditeurs sur la prévention et sur tout ça. En fait l'objectif aujourd'hui pour nous réellement, c'est effectivement changer de paradigme et nous engager vers quelque chose qui va vers plus de prévention etc... Mais pour répondre à Nathalie quand elle a dit tout à l'heure : PAS DE CARIE = PAS DE PROTHÈSE = PAS DE RESTE À CHARGE 0. J'irai jusqu'à dire c'est PAS DE DENTISTES NON PLUS. Or, l'objectif c'est quand même de dire de ne pas organiser nous-mêmes le suicide de la profession quand même ! ". Difficile d'être plus explicite. Autrement dit, lorsque les représentants d’un peuple (démocratie représentative) acceptent que la politique de prévention dentaire de leur pays soit influencée, pour ne pas dire dictée, par les représentants de l’industrie dentaire, c’est un peu comme si ces élus confiaient leur politique de lutte contre le tabagisme aux représentants de l’industrie du tabac. Le conflit d’intérêts saute aux yeux. Ceci explique certainement pourquoi en France, l'Etat et l'Assurance Maladie investissent ensemble à peine 3 millions € chaque année en prévention dentaire primaire, toujours dans les mêmes solutions depuis plus de 30 ans ... chères et peu efficaces ... pendant que les Français sont, d'une certaine façon, contraints de dépenser chaque année plus de 15 milliards € en soins dentaires, dont plus de 7 milliards uniquement pour l'achat de prothèses dentaires. Des milliards en prothèses pourtant largement évitables par un investissement sérieux, cohérent et indépendant en prévention primaire. Comprenne qui voudra !
2. D
epuis 2018, les quelque 50 000 étudiants en santé peuvent effectuer gratuitement des actions de prévention dentaire dans les écoles, dans le cadre du nouveau service sanitaire des étudiants en santé (S.S.E.S) obligatoire pour l'obtention de leur diplôme (voici des exemples d' appels d'offres à destination de ces étudiants pour faire la promotion de la santé bucco-dentaire au sein des écoles). Depuis 2023, les 45 300 dentistes exerçant en France peuvent également effectués des actions de prévention dentaire en milieu scolaire dans le cadre du " Forfait d’aide à la modernisation et à l’informatisation du cabinet professionnel (FAMI) ". Forfait d'un montant de 300 € par an qu'un dentiste peut percevoir s’il s’engage à effectuer des mesures " aller vers " qui correspondent à au moins 3 interventions en dehors de son cabinet à destination notamment des publics fragiles en milieu scolaire (REP/REP+), EHPAD/ESMS, USPC et PSY, foyer-centre d’hébergement, établissement pénitencier) dans l’année.
3. De manière générale, les assureurs investissent peu dans la prévention santé primaire en France. Cette situation s’explique à la fois par le manque de coopération entre l’Assurance Maladie obligatoire (AMO) et les complémentaires santé (AMC), mais surtout par la crainte de ne pas pouvoir rentabiliser ces investissements, comme l’indiquent plusieurs dirigeants du secteur. Cette crainte s'est même renforcée
depuis le 1er décembre 2020, date à laquelle les assurés français peuvent désormais changer leur complémentaire santé sans frais ni délais après la première année. En effet, un assureur qui investirait dans la prévention primaire au bénéfice d’un assuré s’expose à un risque financier important : si l’assuré change de complémentaire après un an, l’investissement peut être perdu, voire profiter à un concurrent dans le cadre de la résiliation infra-annuelle (RIA), applicable aussi bien aux contrats individuels qu’aux contrats collectifs (mutuelles d’entreprise). Dès lors, pendant la période nécessaire à la rentabilisation de ces investissements, le premier assureur ne dispose d’aucune garantie de fidélisation de l’assuré. Dans le cadre législatif actuel, il est donc compréhensible que de nombreux acteurs se montrent réticents à investir directement sur le territoire national dans des solutions de prévention primaire pertinentes, qu’elles concernent le domaine dentaire ou d’autres pathologies. Ces dispositifs nécessitent en effet des investissements initiaux souvent conséquents pour produire des résultats tangibles dès les premières années.